Je suis née le 6 février 1973.
Quand je regarde mon parcours aujourd’hui, je me dis parfois que certaines vies commencent plus vite que d’autres.
J’ai été une enfant très tôt livrée à elle-même.
Une de ces petites filles qui apprennent rapidement à se débrouiller seules. Pas parce qu’elles le choisissent, mais parce que la vie les y invite, parfois un peu trop tôt.
Grandir ainsi forge un caractère. On apprend à observer, à s’adapter, à être forte. Mais derrière cette force se cache souvent une enfant qui aurait simplement eu besoin d’être rassurée.
Mon histoire est aussi celle d’une famille recomposée.
Une famille avec ses équilibres, ses joies, ses blessures et ses apprentissages. Car les familles ne sont pas toujours linéaires. Elles se construisent, se défont parfois, puis se reconstruisent autrement.
Au milieu de tout cela, il y avait une présence particulière dans ma vie : mon père.
J’étais très proche de lui.
Ce lien entre un père et sa fille est difficile à expliquer avec des mots. Il y a des regards, des souvenirs, des silences parfois, et cet amour qui traverse les années.
La vie passe si vite.
Aujourd’hui encore, lorsque je regarde le chemin parcouru, je mesure combien nos racines nous accompagnent tout au long de notre existence.
Peut-être est-ce pour cela que les liens familiaux ont toujours eu une place si importante dans ma vie.
Peut-être est-ce pour cela que je crois profondément qu’un enfant a besoin d’être entouré, écouté et accueilli tel qu’il est.
Bien avant d’être aide-soignante, maman à 18 ans ou mamie à 39 ans, j’étais cette petite fille.
Une petite fille sensible qui ne le savait pas encore, mais qui construirait un jour toute sa vie autour du soin, de la famille et de l’attention portée aux autres.
Et peut-être que le Café bulle des p’tits girafons est né là.
Dans le cœur d’une enfant qui rêvait déjà, sans le savoir, d’un monde plus doux.
Bien chaleureusement,
Christel Péris







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